Dimanche, 5 Sept 2010  
Shanghai 2010 Dans le laboratoire du monde Convertir en PDF Version imprimable

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Biotechnologies, automobile, informatique, chimie... A Shanghai, la Chine joue de son fabuleux marché pour attirer les grands groupes étrangers dans des centres de recherche toujours plus performants. Le futur du high-tech s'écrit-il ici?

Le tramway monorail fend l'air en silence. A droite, la façade en demi-cercle d'un gigantesque immeuble de verre flambant neuf: l'hôpital Shuguang. A gauche, la tour d'acier de l'université de médecine chinoise traditionnelle, dont les arêtes recourbées vers le ciel évoquent l'architecture des temples, trône au centre d'un vaste campus. Une bouche de métro déverse un flot de jeunes gens, lunettes sur le nez, sac d'ordinateur en bandoulière, écouteurs sur les oreilles. Plus loin, on devine une forêt de petits immeubles séparés par des pelouses et des parkings, coiffés des logos des grands groupes pharmaceutiques internationaux: Lilly, AstraZeneca, Novartis... ou encore Charles River, premier fournisseur mondial d'animaux de laboratoire.

Bienvenue dans la "Pharma Valley" de Shanghai. Située dans le parc technologique de Zhangjiang, sur la vaste plaine de Pudong, qui s'étend à l'est de la ville en direction de la mer, la zone réservée aux biotechnologies est le chouchou des autorités. "Il y a vingt ans, notre pays avait pour priorité la production de l'acier, rappelle Wang Lan Zhong, grand patron de l'activité biotech de Zhangjiang. Nous en détenons le record mondial. A présent, les biotechnologies font partie des priorités. Et quand le gouvernement chinois est déterminé, il réussit !" Sept des dix plus grands groupes du monde sont déjà établis à Zhangjiang. En tout, 400 entreprises de biotech y ont des activités de recherche-développement (R'D) ou de veille technologique.

L'ambition de M. Wang est désormais de remplir le tout nouvel incubateur dont s'est doté le parc. Pour convaincre les hésitants, il dispose d'une trentaine d'étages, de laboratoires équipés et de subventions. "La Chine a de l'argent, des ressources scientifiques et des 'projets clefs''' aidés par le gouvernement central, s'enflamme Jun Ren, fondateur de New Summit Biopharma. Nous devons marier les sociétés chinoises, trop petites, avec des talents étrangers." Sa start-up devait à l'origine se développer dans l'innovation biotechnologique. Elle est désormais mandatée pour attirer des jeunes pousses étrangères dans les incubateurs chinois, en premier lieu celui de Shanghai, et faire office de "baby-sitter". New Summit sera introduit au Nasdaq dans les semaines à venir. C'est la première société chinoise candidate pour ouvrir une antenne au Cancer Campus, le biocluster de Villejuif (Val-de-Marne)

 
 
 
 
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